Combien de Go prévoir pour une caméra de surveillance ?

Scène réaliste liée à Combien de Go prévoir pour une caméra de surveillance ?

Pour une caméra de surveillance, 128 Go constituent souvent un point de départ pratique, mais aucune capacité ne convient à tous les usages. Une carte de 64 Go peut suffire plusieurs semaines avec un faible débit et des enregistrements ponctuels, tandis qu’une caméra enregistrant en continu à haut débit peut remplir 256 Go en quelques jours.

Le critère décisif n’est pas seulement la mention 1080p, 2K ou 4K. Il faut surtout connaître le débit vidéo moyen, exprimé en Mb/s, puis tenir compte du nombre d’heures réellement enregistrées chaque jour et de la durée de conservation souhaitée.

À titre de repère, un flux continu de 1 Mb/s représente théoriquement environ 10,8 Go par jour. À 2 Mb/s, il faut environ 21,6 Go par jour. À 4 Mb/s, environ 43,2 Go. Ces valeurs permettent déjà de comprendre pourquoi deux caméras affichant la même résolution peuvent avoir des besoins de stockage très différents.

32, 64, 128, 256 ou 512 Go : quelle capacité choisir ?

Pour répondre rapidement, il faut considérer les capacités courantes comme des niveaux d’usage plutôt que comme des durées garanties. Les repères suivants sont utiles avant de faire un calcul précis.

Capacité Usage envisageable Principal point de vigilance
32 Go Enregistrement ponctuel, faible débit, durée de conservation courte Très vite limitée en continu
64 Go Caméra unique avec débit modéré ou enregistrement sur événement Peut ne couvrir que quelques jours en continu
128 Go Usage domestique courant avec davantage de marge La durée varie fortement selon le débit
256 Go Conservation plus longue ou flux plus exigeant Vérifier la capacité maximale acceptée par la caméra
512 Go Longue rétention locale ou caméra générant beaucoup de données Compatibilité et endurance de la carte indispensables

Une capacité plus élevée n’est pas automatiquement nécessaire. Si la caméra n’enregistre que quelques événements par jour, 64 ou 128 Go peuvent offrir une durée confortable. À l’inverse, pour un flux continu, une définition élevée et une scène très active, même 512 Go peuvent devenir limités.

Le choix doit donc être relié à la durée d’enregistrement d’une caméra de surveillance que vous souhaitez réellement obtenir, et non à une capacité choisie isolément.

Le débit vidéo est le vrai point de départ du calcul

Le débit vidéo indique la quantité de données produite chaque seconde. Il est généralement exprimé en mégabits par seconde, ou Mb/s. Pour dimensionner un stockage, c’est ce paramètre qui permet de passer d’une fiche technique à une estimation concrète en gigaoctets.

Axis indique que le bitrate constitue le principal paramètre pour dimensionner le stockage et précise qu’il peut varier fortement à résolution identique. Son guide sur le dimensionnement du stockage selon le débit vidéo illustre directement la relation entre Mb/s, Go par jour et durée de conservation.

Cette nuance est essentielle. Deux caméras 1080p peuvent produire des volumes différents en raison du codec, du nombre d’images par seconde, du niveau de qualité, du type de contrôle du débit ou de l’activité de la scène.

Une scène presque immobile, comme un garage fermé, peut être plus facile à compresser qu’un jardin avec des feuillages en mouvement permanent. Avec un encodage à débit variable, la quantité de données peut donc évoluer au fil du temps.

Pour une caméra IP, il est particulièrement utile de rechercher dans les réglages ou la documentation la valeur de débit configurée ou observée. Elle donnera une base de calcul plus fiable que la seule résolution commerciale.

Combien de Go une caméra utilise-t-elle par jour ?

Pour un enregistrement continu à débit moyen constant, une formule simple permet d’obtenir une estimation :

Go par jour = débit en Mb/s × 10,8

Cette relation utilise une définition décimale du gigaoctet, soit un milliard d’octets. Elle donne un volume théorique avant les éventuelles différences liées au formatage, aux fichiers système et aux variations du débit réel.

Débit moyen Stockage théorique par jour Stockage théorique sur 30 jours
0,5 Mb/s 5,4 Go 162 Go
1 Mb/s 10,8 Go 324 Go
2 Mb/s 21,6 Go 648 Go
4 Mb/s 43,2 Go 1 296 Go
8 Mb/s 86,4 Go 2 592 Go

Ces chiffres montrent immédiatement qu’une caméra ne « consomme » pas un nombre fixe de Go simplement parce qu’elle filme en Full HD ou en 4K. À 1 Mb/s, 30 jours continus représentent déjà environ 324 Go théoriques. À 4 Mb/s, on dépasse 1,2 To.

Pour refaire le calcul avec votre propre matériel, utilisez le débit moyen réellement configuré lorsque cette donnée est disponible. Si la caméra fonctionne avec un débit variable, le résultat restera une estimation et devra intégrer une marge.

Combien de jours peut-on conserver avec 64, 128, 256 ou 512 Go ?

Le tableau suivant convertit plusieurs capacités courantes en durées théoriques d’enregistrement continu. Il suppose un débit constant et une capacité nominale entièrement disponible, ce qui n’est pas exactement le cas en pratique.

Capacité À 0,5 Mb/s À 1 Mb/s À 2 Mb/s À 4 Mb/s
32 Go 5,9 jours 3 jours 1,5 jour 0,7 jour
64 Go 11,9 jours 5,9 jours 3 jours 1,5 jour
128 Go 23,7 jours 11,9 jours 5,9 jours 3 jours
256 Go 47,4 jours 23,7 jours 11,9 jours 5,9 jours
512 Go 94,8 jours 47,4 jours 23,7 jours 11,9 jours

Il faut lire ces chiffres comme des plafonds théoriques. Une carte annoncée à 128 Go n’offre pas nécessairement 128 Go intégralement utilisables pour les vidéos. De plus, le débit d’une caméra peut varier selon la scène et les réglages.

Un exemple résume bien l’enjeu : avec un débit moyen de 2 Mb/s en continu, 128 Go représentent environ 5,9 jours théoriques, 256 Go environ 11,9 jours et 512 Go environ 23,7 jours. Pour viser un mois complet dans ces conditions, il faut donc dépasser 512 Go ou modifier le mode d’enregistrement et les réglages.

Enregistrement continu ou détection de mouvement : quel impact ?

L’enregistrement continu produit des données 24 heures sur 24. Il offre une chronologie complète mais demande beaucoup plus d’espace qu’un système qui ne conserve que des événements.

Une caméra configurée pour enregistrer uniquement lorsqu’un mouvement ou un événement est détecté peut réduire fortement le volume stocké. Le gain réel dépend toutefois de la scène. Une entrée calme et un commerce très fréquenté ne produiront pas la même quantité de clips.

Il faut donc éviter les promesses universelles du type « la détection divise le stockage par deux » ou « économise 80 % ». Sans connaître le temps d’enregistrement effectif, ces chiffres n’ont pas de portée générale.

Une méthode plus fiable consiste à estimer le nombre d’heures réellement enregistrées chaque jour. Si une caméra ne conserve en moyenne que 6 heures de vidéo sur 24, le besoin théorique est approximativement quatre fois plus faible qu’en continu, à débit identique.

Le choix entre événement et 24 h/24 dépend aussi du niveau de couverture souhaité. Notre guide consacré au fait d’enregistrer en continu avec une caméra de surveillance détaille les implications pratiques de cette configuration.

Résolution, FPS, codec et activité : pourquoi les besoins varient-ils autant ?

Le débit vidéo final résulte de plusieurs paramètres. La résolution compte, mais elle n’agit jamais seule. Une caméra peut modifier fortement son volume de données selon la cadence d’images, la compression ou le niveau de qualité choisi.

Les principaux facteurs sont les suivants :

  • la résolution, par exemple 1080p, 2K ou 4K ;
  • le nombre d’images par seconde ;
  • le codec vidéo, notamment H.264 ou H.265 ;
  • le niveau de compression et de qualité ;
  • le mode de contrôle du débit ;
  • le mouvement et la complexité de la scène ;
  • le temps réellement enregistré chaque jour.

H.265 vise une compression plus efficace que les générations précédentes, mais il serait trompeur de promettre un pourcentage d’économie identique pour toutes les caméras. Le résultat dépend de l’implémentation, du contenu filmé et des réglages.

Le nombre d’images par seconde peut également peser sur le besoin. Une cadence élevée produit davantage d’informations temporelles et peut augmenter le débit selon la configuration. Pour une zone calme, il n’est pas toujours utile de conserver la cadence maximale proposée par le fabricant.

SanDisk rassemble plusieurs de ces variables dans son calculateur de capacité pour la vidéosurveillance, qui prend en compte les caractéristiques du système pour estimer le stockage nécessaire.

Quelle capacité prévoir pour plusieurs caméras ?

Avec plusieurs caméras, il faut additionner les besoins de chaque flux. Si tous les appareils utilisent le même débit et enregistrent pendant la même durée, le volume total est approximativement multiplié par le nombre de caméras.

Par exemple, une caméra à 2 Mb/s représente environ 21,6 Go par jour en continu. Quatre caméras identiques représentent théoriquement environ 86,4 Go par jour. Sur 30 jours, cela atteint environ 2 592 Go, soit 2,592 To en calcul décimal, avant marge pratique.

La formule générale peut être résumée ainsi :

Stockage total = Go par jour et par caméra × nombre de caméras × nombre de jours

Si les caméras n’enregistrent pas en permanence, il faut ensuite ajuster le résultat selon le temps d’enregistrement réel. Un système mixte peut aussi comporter plusieurs débits : par exemple une caméra principale en haute définition et des caméras secondaires moins exigeantes.

À partir de plusieurs flux continus, une carte microSD indépendante dans chaque caméra peut devenir moins pratique à administrer. Un enregistreur centralisé ou un autre système de stockage compatible peut alors être plus cohérent, notamment pour gérer une durée de conservation commune.

Quelle carte microSD choisir au-delà du nombre de Go ?

La capacité n’est que le premier critère. Avant d’acheter une carte de 256 ou 512 Go, vérifiez d’abord que la caméra accepte réellement cette taille. La capacité maximale supportée varie selon le modèle et parfois selon sa version matérielle.

Il ne faut donc pas supposer qu’une caméra équipée d’un lecteur microSD prendra automatiquement en charge toutes les capacités disponibles sur le marché. La documentation du fabricant reste la référence pour vérifier la limite.

L’endurance est également importante. Une caméra qui réécrit continuellement des vidéos sollicite fortement la mémoire flash. Pour un enregistrement fréquent ou permanent, une carte conçue pour des cycles répétés d’écriture et de réécriture est plus cohérente qu’une carte choisie uniquement pour son faible prix.

La vitesse minimale exigée doit aussi être respectée. Une carte trop lente ou non conforme aux recommandations du fabricant peut provoquer des problèmes d’enregistrement, même si sa capacité théorique paraît suffisante.

Pour examiner ces critères séparément, consultez notre guide pour choisir une carte SD pour une caméra de surveillance.

Ne confondez pas stockage en Go et forfait data 4G

La question « combien de Go pour une caméra ? » peut désigner deux choses complètement différentes. D’un côté, les Go de stockage servent à conserver les fichiers vidéo sur une carte, un disque ou un autre support. De l’autre, les Go d’un forfait mobile correspondent aux données transmises sur le réseau 4G ou 5G.

Une carte microSD de 128 Go ne donne donc pas 128 Go de connexion mobile. De même, un forfait de 100 Go ne signifie pas que la caméra peut conserver localement 100 Go de vidéos.

Pour une caméra cellulaire, la consommation de données dépend notamment des consultations à distance, des envois vers le cloud, des clips transmis, de la qualité du flux et du fonctionnement propre au modèle. Une caméra peut enregistrer localement sans transmettre en permanence la totalité de la vidéo, tandis qu’une autre architecture peut utiliser davantage le réseau.

Si votre question concerne une caméra connectée au réseau mobile, le sujet pertinent devient alors le choix d’une carte SIM pour une caméra de surveillance et l’estimation de la data réellement consommée.

Comment calculer précisément votre besoin avant l’achat ?

La méthode la plus fiable consiste à partir de votre installation réelle plutôt que d’une capacité standard. Il faut relever ou estimer cinq données :

  • le nombre de caméras ;
  • le débit moyen de chaque flux en Mb/s ;
  • le nombre d’heures enregistrées par jour ;
  • le nombre de jours que vous souhaitez conserver ;
  • une marge pour les variations de débit et l’espace non disponible.

Pour un flux continu, commencez par multiplier le débit en Mb/s par 10,8 afin d’obtenir les Go théoriques par jour. Multipliez ensuite par le nombre de jours et par le nombre de caméras concernées.

Exemple : une caméra à 1 Mb/s produit théoriquement 10,8 Go par jour. Pour 30 jours, il faut environ 324 Go. Avec trois caméras identiques, le besoin atteint environ 972 Go. Une capacité d’environ 1 To apparaît alors comme un ordre de grandeur minimal théorique, avant prise en compte d’une marge et des particularités du système.

Pour un enregistrement partiel, adaptez le calcul au temps effectivement enregistré. Une caméra active en moyenne 12 heures par jour demande théoriquement environ la moitié du stockage d’un flux continu, à débit identique. Une caméra enregistrant 2 heures par jour en moyenne demande environ un douzième du volume continu.

En pratique, il est préférable de dimensionner légèrement au-dessus du résultat calculé. Le débit peut varier, l’espace utile peut être inférieur à la capacité nominale et les réglages peuvent évoluer après l’installation. C’est cette marge, plus que le choix automatique d’une carte de 64, 128 ou 256 Go, qui évite de découvrir trop tard que les vidéos les plus anciennes sont réécrites plus vite que prévu.